Bénédicte Monville

« Europe Écologie-Les Verts doit re-devenir cette figure nouvelle d’organisation de la politique capable de modifier le régime des possibilités qui existent en France »

Intervention B Monville-De Cecco,

Congrès régional EELV IDF du 30 mai 2015 à Ivry

Aujourd’hui nous votons pour déterminer la liste des candidates et des candidats que nous présenterons aux élections régionales en Île de France. Dans le même temps, nous renouvelons nos instances politiques et exécutives régionales. Nous, signataires, candidates et candidats de la motionB sommes convaincu-e-s de la pertinence et de la force du projet que nous portons. Un projet écologiste, en réalité largement partagé dans notre société, et le seul capable d’articuler les questions sociale et écologique pour une transformation radicale et joyeuse des rapports des humains à la nature et des rapports des humains entre eux.
Nous sommes un parti à part entière et nous devons définitivement sortir de notre subalternité intériorisée face au Parti Socialiste. Notre parti doit re-devenir cette figure nouvelle d’organisation de la politique capable de modifier le régime des possibilités qui existent en France. Nous ne pourrons y parvenir que toutes et tous ensemble, avec la conviction commune de la primauté du projet écologiste.
Notre famille politique, c’est l’écologie, la gauche et les mouvements sociaux. Nous sommes à notre place dans cette société des mouvements qui s’opposent aux logiques capitalistes d’appropriation des territoires et du travail humain. Des logiques de destruction des écosystèmes et de déconstruction de l’État social. Le salariat est fragilisé et les classes populaires, de nouveau contraintes à vivre au « jour la journée ». Ce système accroît considérablement les inégalités et génère chez nombre de nos concitoyennes et de nos concitoyens une peur du lendemain qui encourage le repli nationaliste.
Prétendre que le capitalisme est compatible avec une politique sérieuse de lutte contre le réchauffement climatique, contre la destruction de nos écosystèmes ou contre la croissance des inégalités, est faux. Le système capitaliste repose sur l’extractivisme et le productivisme, c’est-à-dire sur la double exploitation de la nature et du travail humain. Le réchauffement climatique est une aubaine pour qui détient aujourd’hui les techniques et les moyens de production qui permettent de suppléer aux « défauts » de la nature ou bien de profiter des opportunités que ce même réchauffement climatique permet. Ils nous vendent les OGM contre la disparition de la biodiversité et jubiles à l’idée de l’ouverture de nouvelles voies maritimes et de forages pétroliers dans l’Arctique. La quête sans fin du profit conduit les détenteurs des capitaux à chercher la main d’oeuvre la plus exploitable, les moyens de production et l’énergie les moins chers, souvent aussi les plus polluants. Ce système nous le connaissons. Après avoir fait la richesse de l’Occident et le malheur des peuples colonisés, il contraint à leur tour les populations européennes à la rigueur ou à l’austérité, et précipite le monde entier, mais d’abord les pauvres, dans la crise écologique.
Les gouvernements qui se sont succédés en France depuis le milieu des années 1980 ont accompagné le capitalisme néo-libéral avec une volonté plus ou moins grande d’en amortir la violence et jouant parfois des divisions du corps social qu’ils contribuaient trop souvent à réifier voire à produire. Ils ont prétendu qu’il n’y avait pas d’alternative possible et promu une vision à court terme de notre développement économique fondée sur l’extension du domaine de la construction, du commerce de masse et de l’agriculture intensive. Artificialisation de notre territoire, raréfaction de nos ressources en eau, destruction des écosystèmes, ne semblent compter pour rien devant la promesse transitoire d’emplois pourtant toujours plus précaires et mal rémunérés. Ce faisant, ils ont encouragé la dépolitisation massive du champ politique et son « entre soi ». Et je parle bien du champ politique et non pas de notre société, car notre société est politisée et moi qui enseigne depuis 20 ans, dans le secondaire puis dans le supérieur, dans des filières professionnelles et générales, je peux attester du degré de politisation de notre jeunesse. Mais cet intérêt se manifeste en dehors des institutions traditionnelles de la politique et en dehors des partis. Nous avons perdu la confiance d’une part grandissante du peuple qui s’abstient de participer à un système démocratique qu’il juge inique. Ma conviction en m’engageant avec l’ensemble des signataires de la motion B dans la discussion démocratique qui anime notre parti aujourd’hui est que nous devons relever ce défis là aussi. Europe Écologie-Les Verts doit incarner, pour de vrai, une autre manière de faire de la politique.
Aujourd’hui nous savons que le monde dessiné par ces politiques néo-libérales et leurs institutions conservatrices est un monde appauvri et instable où la violence entre les groupes et les sociétés a cru, où les inégalités à l’intérieur de nos pays et entre nos sociétés sont devenues criantes, où un nombre croissant d’êtres humains est placé devant l’alternative intolérable : fuir ou mourir ! Il apparaît de plus en plus évident que la vie sur terre ne peut pas dépendre de la bonne volonté des détenteurs du pouvoir économique.


Alors de quoi parlons-nous ?
Nous parlons de l’idée écologiste qui re-pose conjointement les questions du rapport à la propriété et du rapport à la nature. Nous parlons de toutes ces expériences en marche qui fleurissent dans les luttes et dans le monde entier et font quotidiennement la preuve qu’une société respectueuse des êtres humains et de notre environnement ne relève pas de l’utopie mais de la volonté de vivre bien ensemble et dans la nature.
En France, des territoires entiers sont entrés en résistance contre le démantèlement de nos outils de travail, l’appropriation marchande des biens communs, l’aliénation brutale de la vie animale, les pollutions chimiques durables et mortifères. Partout, des femmes et des hommes s’élèvent contre leur éviction du marché du travail, leur soumission croissante à des formes de travail atypiques aliénantes et sous-payées, et leur relégation dans des zones périurbaines ségréguées et exposées aux pollutions.
Ces luttes sont les nôtres. Nous, signataires, candidates et candidats de la motionB croyons qu’Europe Écologie-Les Verts doit être un point de ralliement pour l’ensemble du mouvement social et écologiste qui aspire aux changements radicaux (au sens plein du terme, depuis la racine) sans lesquels l’avenir de nos sociétés humaines s’assombrira immanquablement.

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