Almont

C’est la Brie qui coule à Melun

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L’automne a été deux fois plus pluvieux que la normale, et la canicule et la sécheresse de l’été dernier semblent loin. Les champs de blés carbonisés ont laissé place à des terres agricoles gorgées d’eau. Le bitume brûlant de nos rues (et malheureusement de nos places publiques) se recouvre de flaques en permanence, qui font certes le bonheur des enfants, mais montrent en creux l’état de la voirie et l’obsolescence de la gestion de l’eau dans la ville. Les arbres, qui ont sérieusement souffert cet été, ont enfin un peu de répit (enfin ceux qui ne sont pas mort pendant la sécheresse). Le contraste marqué des saisons ces dernières années et la répétition d’évènements « extrêmes » ont montré à quel point notre ville est fragile et bien mal préparée pour affronter le changement climatique. Ce serait une note de blog en soi. Mais en cette fin d’année, ce qui est le plus frappant, c’est la vitesse à laquelle l’Almont, et dans une moindre mesure la Seine, se sont métamorphosés. Et ceci nous donne une occasion de rappeler à quel point il est urgent de prendre enfin soin de l’Almont.

Pendant les longs mois de canicule l’Almont était translucide, calme, passant presque inaperçu, se réchauffant tranquillement et voyant prospérer ses algues. Là, début décembre, en quelques jours, il s’est mis à gonfler et à charrier de fortes quantités de limon en provenance des terres cultivées de la Brie. Dans le principe, ce fonctionnement est normal. Mais le drainage généralisé de ces terres agricoles, la suppression des haies et d’autres éléments du paysage font qu’en quelques jours, l’Almont se retrouve à charrier les excès d’une agriculture bien trop intensive: eaux de drainage, limons provenant de l’érosion de sols à nu, mais aussi des nitrates, des phosphates, quantités d’herbicides, fongicides, etc. Et toutes ces pollutions s’ajoutent à celles provenant des industriels ou des stations d’épuration sur le bassin que draine cette rivière. C’est la Brie qui coule à Melun. Il est urgent de protéger cette rivière, si ce n’est la restaurer, vu l’état lamentable dans lequel elle se trouve, polluée par des décennies de mauvais traitement. Et il est évident que le problème ne se traitera pas à Melun. Bien sûr, nous soutenons le projet actuel de création d’une coulée verte le long de l’Almont, comme un moyen de mettre en valeur cette rivière, dans un but récréatif ou pédagogique. Pour autant, notre ambition ne s’arrête pas là, et nous voulons oeuvrer pour améliorer la qualité de cette rivière, qui est délaissée depuis des décennies, notamment par les élus melunais.

Pendant notre mandat dans l’opposition, nous avons demandé plusieurs fois au conseil municipal que l’Almont, ses affluents et l’ensemble des milieux aquatiques associés soient gérés en coordination avec les autres communes concernées via la mise en place d’un syndicat de rivière. Nos revendications, et les terribles épisodes d’inondation de 2016 et 2018, ont fait avancer cette cause et ce syndicat de rivière est maintenant sur pied. Malheureusement c’est une coquille vide, il n’y a aucun animateur pour faire vivre le réseau des communes, pas plus que de techniciens pour s’occuper de la rivière, en flagrant décalage avec ce qui peut se faire ailleurs, comme sur l’Yerres ou le Loing. Ceci en dit long sur l’incurie de la droite melunaise vis-à-vis des milieux naturels. Nous proposerons dans notre programme pour les municipales de 2020 de dynamiser ce syndicat de rivière, en assumant un leadership en son sein, et en finançant les emplois et opérations nécessaires – au passage largement subventionnés par l’Etat – pour améliorer la qualité de cette rivière et la biodiversité associée. Au-delà de l’Almont, nous y voyons un levier formidable pour transformer l’agriculture qui nous entoure, en lien avec notre projet alimentaire, et pour créer des solidarités avec les communes de la Brie, avec lesquelles nous sommes historiquement liées. C’est un travail de longue haleine, que nous porterons avec ambition, par souci pour la biodiversité et pour le quotidien des Melunais.

Pierre-Henri Bazin, pour BVAM!

 

1 réponse »

  1. Bonjour,
    Je ne comprend pas que les habitants des alentours de Gaillardon et de l’ile St Etienne entre autres ne soient pas demandeurs. Au printemps, s’il pleut de nouveau, ils auront encore les pieds dans l’eau…
    L’urbanisation galopante du Nord de Melun et la suppression des forêts ne vont pas dans le bon sens.
    Tout est fait pour désertifier le centre ville.

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