Politique générale

Réponse d’un citoyen matraqué à la lettre de Laurent Moretti, Référent départemental LaREM

Cette réponse envoyée fin décembre 2018 est publiée ici avec l’aimable autorisation de son auteur

Bonjour,

 

J’ai bien pris note de votre désarroi concernant la chute de votre parti politique. Heureusement pour moi, les réformes mises en œuvre par ce gouvernement ne correspondent absolument pas à mon analyse et à ma façon d’appréhender les enjeux à relever.

Un gouvernement qui fait usage d’une telle violence et d’un tel mépris à l’égard du peuple qu’il est censé représenter aurait du mal à s’adresser à moi, citoyen, qu’il matraque chaque jour. Car c’est de cela qu’il s’agit. Un matraquage à outrance, tout d’abord par sa verve depuis le début du quinquennat, puis par les ordres qu’il donne aux forces de l’ordre, en faisant résulter une violence inouïe.

Où est la République En Marche alors que 10 personnes sont décédées, que 1600 personnes ont été blessées dont une cinquantaine gravement ?

Pas un mot pour dénoncer ces agissements jamais vu dans l’histoire de notre République.

Et cette violence, vous la traduisez également par vos actes. Vous revendiquez une France allégée de normes et de contraintes bureaucratiques « inadaptées, asphyxiantes et inéquitables ». Moi j’y vois une France qui fait perdre ses droits aux salariés et aux plus démunis. Toujours plus de contrôle pour toujours moins de droits pour les plus faibles, toujours moins de contrôles pour toujours plus de cadeaux fiscaux pour les grosses entreprises !

Nos emplois sont précaires, nos CDI ne veulent plus rien dire, et nous ne pouvons construire une vie en toute sécurité. Nos salaires sont si bas qu’il faut une prime d’activité pour les compenser ! Bien heureux de savoir qu’avec cela, nous ne cotisons pas, et nos retraites se feront à minima afin d’entretenir notre pauvreté.

Si le travail doit payer, alors je veux un vrai salaire ! Moi qui suis maraicher et qui vous nourris, un SMIC est bien insuffisant ! Je veux un vrai salaire pour payer des cotisations et être préparé aux accidents de la vie, au chômage, et ma retraite !

Vous qui affirmez la réduction de la qualité des services publics et l’augmentation des dépenses publiques, vous êtes-vous demandé où passait tout cet argent ?
C’est principalement dû aux retraites, assurance maladies, aide au logement, … ! C’est-à-dire vos grands chantiers pour nous faire perdre toujours plus ! C’est-à-dire également ce qui nous permet de pouvoir subsister, se soigner, se loger, ou assumer un coup dur. Pourquoi irait-on se plaindre de dépenser de l’argent pour des services qui bénéficient au plus grand nombre ?

Car oui, il faut des moyens pour assurer les services ! On ne peut pas vouloir dépenser moins et en même temps obtenir plus. On ne peut pas supprimer 120 000 fonctionnaires et en même temps dénoncer la dégradation du service public !
Et l’on supprime des cotisations ici et là par la même occasion, alors qu’elles sont vitales pour nous offrir des services de qualités.

Je ne veux plus de ces mutuelles privées qui ne sont là que pour engranger des bénéfices, mais pour le retour d’un système de santé commun et équilibré.

Je veux que l’on conserve notre système de retraite par répartition qui est totalement viable à partir du moment où l’on ponctionne les richesses là où elles sont, car nous n’avons jamais créé autant de richesses par unité de travail !

Je veux davantage de fonctionnaires, mieux payés (et non avec des primes eux aussi), afin d’offrir une éducation et des soins de qualité !

Les gouvernements « ne délaissent pas » les collectivités territoriales mais supprime la taxe d’habitation ? Il est fort aisé de dédier aux collectivités des compétences stratégiques concernant l’aménagement et les innovations économiques et sociales, mais quelles seront désormais les sources de financement ? Toujours plus d’endettement pour les communes ?
Oui, il est difficile de faire plus avec toujours moins. Tout comme quand l’on supprime des contrats aidés bien utiles aux communes, et qui ont permis à des personnes d’occuper un emploi et de s’offrir une première expérience précieuse.
Il est possible d’imposer, mais il faut le faire de manière juste !

C’est ça le système En marche. On veut tout, « et en même temps », son contraire. On dénonce, « et en même temps », on participe au problème.

Alors oui, la petite brèche ouverte depuis des années ne se referme plus. Le fossé qui nous séparait est désormais un gouffre, et vous n’entendez pas les revendications que nous portons depuis l’autre rive.

Moi j’ai réellement entendu, pas comme notre président. J’entends le désarroi, et surtout je le ressens. Je ne compte plus le nombre de témoignage qui m’émeuvent à m’en faire saigner le cœur. Parce que tous ces gens sont mes frères et mes sœurs, je ne peux davantage accepter que la condition humaine se résume à une vie de misère.

Désormais, c’est la société civile qui est en marche.

 

Éric

 

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