Bénédicte Monville

Politique régionale des lycées : critique des orientations budgétaires de #ValériePécresse #DirectIDF

(Nous avions 2′ pour cette intervention)

Mme la Présidente, Mme la vice-presidente, chers collègues,

Nous contestons radicalement les choix idéologiques qui marquent les orientations de votre budget pour les lycées. Je voudrais rappeler ici que la région assume une part importante de la mise en œuvre du service public de l’éducation secondaire. C’est une énorme responsabilité, 470 lycées et 412 000 élèves dépendent directement de vos choix et c’est le deuxième poste budgétaire de la région après les transports.

Or, vos choix budgétaires sont une régression. Nous avons déjà démontré au moment de la discussion sur la DGFL que l’argent que vous attribuiez au fonctionnement des lycées pour chaque élève diminue. Si vous augmentez en effet le budget d’investissement, j’y reviendrai, vous diminuez celui du fonctionnement : les élèves des lycées publics auront encore froid cet hivers, leur accueil à la cantine sera encore compromis, de nombreux travaux de rénovation attendront.

Donc, vous augmentez l’investissement mais pour la sécurisation des établissements et dans la construction de lycées neufs. Vous voulez répondre à l’augmentation des effectifs des lycées que vous anticipez pour 2021 quand l’Institut régional de l’aménagement urbain nous dit que cette augmentation ne sera effective qu’en 2025. De fait, vous prétextez d’une urgence qui n’existe pas pour justifier de trois partenariats public-privé sur les cinq constructions nouvelles prévues. Or, et la cour des comptes l’a encore rappelé la semaine dernière, ces ppp représentent surtout une occasion d’enrichissement sans précédent pour les partenaires privés en question et d’appauvrissement supplémentaire pour les collectivités publiques.

En outre, avec ce budget, vous persévérez dans le choix de soustraire un argent déjà insuffisant aux lycées publics pour le donner aux lycées privés. Et je précise qu’il ne s’agit pas des dépenses obligatoires liées à la contractualisation de ces mêmes lycées privés. Vous doublez ce que vous leur accordiez déjà généreusement en 2017 : participation à la rénovation et à l’équipement des lycées privés, participation à la demi-pension ou encore à l’achat des manuels scolaires.

Votre feuille de route est limpide : en appauvrissant les établissements publics de l’enseignement secondaire dans notre région, vous mettez les parents d’élèves devant un non choix. Car nous voulons tous quelque soit l’endroit où nous vivons le meilleur pour nos enfants et nous choisirons tous, en fonction de nos moyens, la meilleure école. Ce projet de marchandisation de l’éducation vous le portez depuis des années et on ne peut pas vous faire grief d’inconstance. De la même manière que ministre de l’enseignement supérieur vous avez porté la loi sur l’autonomie des universités, vous augmentez le budget d’autonomie des lycées que vous avez inaugurés l’année dernière. Laissez-moi énoncer la suite si votre projet allait à son but : bientôt, comme pour les universités les lycées publics seront priés de trouver eux-mêmes les moyens de leur financement. Et comme pour les universités, les meilleurs d’entre eux auront une chance d’y parvenir quand les autres seront inéluctablement et gravement laissés pour compte. Votre projet est profondément injuste. C’est une remise en cause de la conception révolutionnaire et républicaine de l’instruction publique. « Ne sait-on pas que, même sous la Constitution la plus libre, l’homme ignorant est à la merci du Charlatan, et beaucoup trop dépendant de l’homme instruit. » Cette citation de Talleyrand devant l’assemblée nationale de 1791 dit en creux ce qu’est votre projet de société. Bientôt, nous verrons le bloc libéral que vous incarnez et notre président de la République en tête proposer aux jeunes des milieux populaires d’aller travailler puisqu’ils ne pourront plus étudier. Et alors en plus d’avoir rétabli de fait le suffrage censitaire la cinquième République aura rétabli ce privilège de classe, le plus important quand on entend garder le pouvoir pour soi : l’éducation.

Bénédicte Monville

groupe Alternative écologiste et sociale

1 réponse »

  1. Merci Bénédicte de nous affranchir avec ces nouvelles bien peu réjouissantes pour nos petits enfants (l’aînée de mes petits enfants est en seconde !) et je compte sur toi pour divulguer ton point de vue au plus grand nombre ; en retour, je relaierai tes infos et tribunes sur mes RS !
    Bonne année et excellente santé à toi et à tes proches !

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