Bénédicte Monville

Intervention Bénédicte Monville-De Cecco pour la Motion « Faisons gagner l’écologie en Île de France », Forum régional EELV du 11 avril 2015

ForumEELVIDF_avril2015_BenMonvilleForum régional EELV du samedi 11 avril 2015

Motion Faisons gagner l’écologie en Île de France

Intervention Bénédicte Monville-De Cecco

Le projet politique à l’oeuvre qui s’accélère et s’amplifie depuis les années 80 a considérablement creusé les inégalités à l’intérieur et entre nos pays et abouti à l’émergence d’un monde instable, toujours plus violent, où les enjeux écologiques sont devenus criants !

La promesse que l’accroissement de la richesse globale profiterait à tous a fait long feu. Ce à quoi nous assistons, au contraire, c’est à une quête sans fin du profit à travers la promotion des moyens de production les moins chers, c’est-à-dire l’exploitation brutale de la nature et du travail humain.

Ce projet politique a plusieurs noms. Il s’appelle dérégulation, privatisation (y compris des biens communs fondamentaux), réduction drastique des dépenses publiques, augmentation de la pression fiscale sur les classes populaires tandis qu’on concède aux entreprises et aux plus riches des nivaux d’allègement fiscaux sans précédent. Ces politiques menées également en France accroissent les inégalités, précipitent un nombre croissant d’entre nous dans la pauvreté, augmentent notre exposition aux pollutions et aux phénomènes climatiques extrêmes.

Les choses doivent changer et les discours politiques qui prétendent qu’il n’y a pas d’alternative possible, reprenant à leur compte le crédo néo-libéral, sont inacceptables. Non seulement parce qu’ils sont faux, mais encore parce qu’ils participent à la dépolitisation massive du champ politique où les différences idéologiques s’émoussent et l’entre soi grandit, au point qu’on assiste en France à la reconstitution d’une véritable aristocratie, ou pour le dire autrement, d’une caste qui gouverne très clairement au profit d’une classe.

On ne peut pas d’un côté déplorer la guerre au monde vivant, aux humains et à la nature, menée par l’entreprise capitaliste et tergiverser sur la critique des politiques néo-libérales qui en sont responsables.

On ne peut pas d’un côté exiger des politiques volontaristes à la hauteur des enjeux du réchauffement climatique et d’un autre côté réclamer des alliances avec le parti politique qui, à la tête du pouvoir exécutif et majoritaire à l’assemblée nationale, a tour à tour enterré l’accord que nous avions signé, renoncé à la mise en place d’une fiscalité écologique, pilonne les mécanismes de redistributions de la richesse et de protection des travailleurs, refuse la sortie du nucléaire, repousse la publication d’un rapport d’une de ses agences (Ademe) extrêmement prometteur quant au potentiel des énergies renouvelables en France, continue de réclamer un accord de libéralisation du commerce et des investissements entre la France et les Etats-Unis et, par ce fait même, bloque toutes politiques ambitieuses de lutte contre le réchauffement climatique.

Depuis 20 ans que les négociations sur le climat ont commencé les émissions de Gaz à Effet de Serre ont augmenté de 60%. Autrement dit, si nous voulons réellement lutter contre le réchauffement climatique nous devons exiger les changements radicaux qui s’imposent. Car on ne peut pas changer, sans rien changer. Limiter l’augmentation des températures et éviter la catastrophe annoncée nous oblige à renoncer à un modèle économique fondé sur la croissance.

Les mouvements de résistance et les alternatives s’organisent. Ils grossissent partout dans le monde et en France. La question qui est aujourd’hui posée à notre parti politique est : « où voulons-nous être ? », aux côtés des résistances et des alternatives au productivisme prédateur ou au côté de ceux qui les répriment. Dans neuf mois, l’organisation de la COP 21 à Paris offrira une tribune exceptionnelle aux mouvements qui luttent véritablement pour la justice sociale et écologique dans notre pays et dans le monde. Notre parti doit prendre place à cette tribune, à côté de ces mouvements et contre les pouvoirs qui par leurs décisions font exactement l’inverse de ce qu’il faudrait faire.

Nous devrons porter haut les solutions que nous avons pensées depuis longtemps et qui passent nécessairement par la refondation de notre démocratie et de notre économie à travers la promotion de modèles décentralisés et coopératifs de production d’énergie et de nourriture, un modèle d’aménagement du territoire qui protège le patrimoine naturel de notre pays, et par la croissance des activités humaines utiles socialement et faiblement génératrices d’émissions de carbone. À moins que d’ici là, des choix politiciens aient fini de discréditer la parole d’Europe Écologie Les Verts.

C’est pour toutes ces raisons que nous signataires de la motion Faisons gagner l’écologie en île de France sommes convaincuEs que notre parti doit refuser de s’allier avec le parti socialiste au premier tour des élections régionales. Nous ne pourrons nous allier qu’avec des partis politiques qui partagent l’ensemble de ces constats sur la base d’une conception commune du lien étroit entre la question sociale et la question écologique. Les citoyennes et les citoyens doivent avoir la possibilité de s’exprimer sur un programme qui fait de l’écologie politique le pivot de ses propositions. Notre avenir passe par l’affirmation de notre autonomie et, plus généralement, de l’autonomie de l’écologie politique en tant qu’idéologie cohérence capable de répondre aux enjeux fondamentaux qui se posent à toutes celles et à tous ceux qui pensent que la société post-capitaliste s’invente aujourd’hui dans la lutte pour la justice sociale et pour l’écologie.

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